Le Grand Paris d’Antoine Rufenacht
Pour Antoine Rufenacht, maire du Havre, parler de l’avenir de la ville, c’est aujourd’hui parler du projet de Grand Paris. Lors de ses vœux, le maire s’est longuement étendu sur le sujet sans oublier cependant d’évoquer la réforme territoriale et la suppression de la taxe professionnelle.

Le Grand Paris
« 2010 sera une année charnière dans le projet du Grand Paris. Je n’en aurais pas rêvé il y a quelques mois. Le Havre devient un atout pour la France, qui se tourne enfin vers sa façade maritime », dit et répète Antoine Rufenacht.
Il explique ainsi que face aux risques d’engorgement du trafic a Rotterdam, Anvers et Hambourg, liés à la reprise des échanges internationaux par voie maritime, Le Havre, associé au port de Rouen, apparaît comme une solution idéale.
D’autant plus que, selon le maire du Havre, le dossier de l’axe séquanien (le long de la Seine) est d’un investissement modeste et réalisable dans un temps relativement court « avec un coût de 8 milliards d’euros et une perspective à 10 ans », souligne-t-il.
« Ce qui m’a frappé, c’est que sur ce sujet, Havrais et Rouennais, Laurent Fabius comme moi, tenons le même discours. Il ne faut pas que les Normands se regardent en concurrents. Le Grand Paris, ce n’est pas pour faire plaisir au maire du Havre. La ligne TGV n’est pas prévue que pour améliorer la circulation des Havrais vers Paris. C’est un enjeu international.
Nous avons d’ailleurs des initiatives communes avec Laurent Fabius. Le 4 mai prochain, nous organiserons un colloque au Havre avec Fabius, Delanoë et Fourneyron. Nous montrons ainsi notre détermination et notre entente », annonce Antoine Rufenacht.
« Il faut se mettre en ordre de marche pour que notre dossier arrive en haut de la pile. La partie n’est pas encore gagnée. A nous de mettre la pression. Cela nous promet de passionnantes perspectives. »
Taxe professionnelle
Interpellé au sujet de la suppression à venir de la taxe professionnelle, Antoine Rufenacht a reconnu son inquiétude. « Nous avions une croissance exceptionnelle sur cet impôt avec un taux constant en augmentation de 55 % en 5 ans. En 2008, Le Havre avait fourni 50 % de l’augmentation du produit de la taxe professionnelle à taux constant de la région et 60 % de celle du département. Nous avons été une locomotive économique », explique-t-il.
Les résultats de 2009 devraient eux aussi figurer un taux à deux chiffres. « Malheureusement, voilà une croissance exceptionnelle que nous ne connaîtrons plus ces prochaines années. Nous avons fait des simulations financières. Nous espérons que tous les investissements décidés par la Codah seront financés sans augmentation des taux et sans taxe pour les foyers… Du moins le plus longtemps possible ».
M.-A. M.
Source : Paris Normandie 15/01/10